«Nous créons aujourd’hui notre discrimination future»

«Nous créons aujourd'hui notre discrimination future»

Il contatto intergenerazionale consente uno scambio benefico sia per gli anziani che per i bambini: è la via scelta da un gruppo di ricercatori per combattere stereotipi e discriminazioni fondati sull’età.

(Thomas Kern)

Il est plus répandu que le sexisme et le racisme et menace de frapper chacun d’entre nous. Pourtant la majorité des gens l’ignore: c’est l’âgisme, soit la discrimination fondée sur l’âge. Un groupe de chercheurs suisses veut maintenant lutter contre cette discrimination.

Professeur à la Haute école spécialiséeLien externe de Fribourg, Christian Maggiori est l’un des rares spécialistes de l’âgisme en Suisse. Avec son équipe de chercheurs, il développe un programme de sensibilisation à l’âgisme pour les enfants des écoles primaires.

Mais pourquoi les enfants ? «C’est parce que des études ont montré que tout ce qui concerne les stéréotypes, les images sociales, les préjugés que les gens peuvent avoir à l’égard de certains groupes de la population — en l’occurrence, les personnes âgées — est intégré dès le plus jeune âge. A partir de 12-13 ans, il devient pratiquement impossible de les supprimer. Bien que l’on puisse se rendre compte qu’un comportement donné est inadéquat, on ne peut pas éliminer ce qui est devenu un automatisme», répond Christian MaggioriLien externe.

«Nous créons aujourd'hui notre discrimination future»

(OFS)

Lacunes du droit pénal

La Suisse n’est pas un cas isolé. Le chercheur rappelle qu’en 2008, une enquête européenneLien externe menée dans 28 pays, dont la Suisse, a révélé que l’âgisme est plus fréquent que le sexisme et le racisme, tant au niveau européen que suisse. Mais la Suisse est en retard par rapport à d’autres pays en termes de législation, observe le professeur, citant l’exemple de la France, où la discrimination fondée sur l’âge est punissable par la loi.

L’absence de moyens juridiques pour lutter contre les comportements liés à l’âge en Suisse est considérée comme une grave lacune par le professeur, qui se félicite du lancement prévu d’une initiative populaire pour y remédier. «Ce serait un pas important qui obligerait le gouvernement et le parlement à prendre position», commente-t-il. Sans compter le large débat qui permettrait enfin de sensibiliser collectivement sur l’importance de la question.

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