Homme ou femme, le coup de ciseau est le même

Homme ou femme, le coup de ciseau est le même

Pour lutter contre la taxe rose, le coiffeur Nicolas Cettou a décidé de pratiquer les mêmes prix pour hommes et femmes.

(swissinfo.ch)

Non seulement les femmes sont moins bien payées que leurs homologues masculins mais elles doivent aussi débourser plus d’argent pour certains biens ou services. A Lausanne, un coiffeur a décidé d’agir en instaurant des prix unisexes. Au-delà de telles initiatives individuelles, la Fédération romande des consommateurs demande une enquête nationale sur la taxe rose.

«Prix unisexes dès les 1er février. Il est temps que l’égalité soit respectée au niveau du prix», peut-on lire sur la vitrine du salon de coiffure Avant-Propos à LausanneLien externe.

Le client est averti avant même d’entrer: ici, à prestation équivalente, les tarifs sont désormais les mêmes que l’on soit homme ou femme. «La longueur des cheveux détermine le prix», précise le coiffeur Nicolas Cettou.

Le Parlement avait néanmoins refusé un postulat de l’ancien député socialiste Jean-Christophe Schwab, demandant au gouvernement de conduire une étude sur la taxe rose. «Au niveau politique, la situation est un peu bloquée. Notre espoir est qu’après les élections fédérales de cet automne, un Parlement plus féminin et plus sensible à la cause sorte des urnes», note Robin Eymann.

De petits progrès

La FRC constate cependant qu’un pas dans la bonne direction a été effectué en mars dernier. Le Conseil national (Chambre basse du Parlement) a adopté une motion du député socialiste Jacques-André Maire visant à réduire l’imposition des produits d’hygiène corporelle féminine. Tampons, serviettes hygiéniques et protège-slips devraient à l’avenir être frappés d’un taux de TVA de 2,5% et non plus de 7,7%.

N’étant pas considérés comme des produits de première nécessité, ces produits sont pour l’instant imposés plus fortement, alors que les litières pour animaux ou les fleurs coupées bénéficient du taux réduit de TVA. D’autres pays, comme l’Australie, le Canada, l’Irlande, l’Inde, le Kenya, le Liban, le Nicaragua, le Nigeria ou la Tanzanie, ont déjà renoncé à toute taxe sur les tampons et les serviettes hygiéniques. L’Union européenne a, elle, assoupli ses pratiques pour permettre aux pays membres d’introduire un taux réduit voire nul.

>> Nicolas Cettou, interviewé par la RTS:

Cettou (1)