Des archéologues suisses résolvent une énigme grecque

Des archéologues suisses résolvent une énigme grecque

Les fouilles près d’Amarynthos, lieu d’une des plus importantes découvertes de ces dernières années en Grèce.

(Universität Lausanne)

Après presque un siècle, une énigme archéologique en Grèce a pu être résolue — grâce au travail de chercheurs helvétiques.

«La mise à jour de ce sanctuaire, après tant d’années, constitue un grand succès», se réjouit Karl Reber, professeur d’archéologie à l’Université de Lausanne et directeur de l’Ecole suisse d’archéologie en Grèce (ESAGLien externe). Ce dernier a passé une partie de l’été sur l’Eubée, la deuxième plus grande île grecque, où se concentre l’essentiel des activités de l’ESAG.

Il y a deux ans, Karl Reber et son équipe de 40 personnes ont annoncé une percée: le temple de la déesse Artémis, longtemps recherché près du village d’Amarynthos, a pu être clairement localisé. Cet été, le nom «Amarynthos» a, pour la première fois, été trouvé sur une inscription, prouvant que ce toponyme existe depuis près de 3000 ans.

Des archéologues suisses résolvent une énigme grecque

L’inscription des Erétriens à la gloire de la déesse Artémis.

(zvg)

Découvertes monumentales

Mais ces dernières n’étaient pas forcément celles du sanctuaire d’Artémis Amarynthia. «Les indices se recoupaient néanmoins», indique Karl Reber. Les tuiles en terre cuite portant le nom d’Artémis et les bases de statues avec des inscriptions votives à la triade artémisiaque ont confirmé la théorie. Et l’inscription trouvée cette année a levé les derniers doutes.

Des travaux ultérieurs ont, de plus, débouché sur une nouvelle découverte cet été. «Nos fouilles indiquent une constellation d’au moins un temple avec un grand autel», relève Karl Reber. «On ignore encore son étendue exacte, mais ce pourrait être un très grand sanctuaire. Jusqu’à présent, des structures de différentes époques ont pu être mises en évidence.» A la tête de l’ESAG depuis 2007, Karl Reber prendra sa retraite l’an prochain: «Mon successeur à Amarynthos aura certainement encore beaucoup à faire», conclut-il.

 

Plus d’un demi-siècle de fouilles

L’École suisse d’archéologie en Grèce (ESAG) est la seule mission archéologique suisse permanente à l’étranger. A l’invitation des autorités grecques, elle a commencé les fouilles à Erétrie en 1964. Elle compte parmi les dix-sept écoles et instituts étrangers reconnus par l’Etat grec. Les fouilles sont le fruit d’une collaboration gréco-suisse. Laquelle est clairement définie: les vestiges archéologiques restent en possession de l’Etat grec, tandis que les écoles ont les droits de recherche et de publication des résultats. L’ESAG soutient plusieurs projets de recherche archéologique en Grèce, tels que des fouilles sous-marines dans le Péloponnèse. Elle est financée par le Fonds national suisse de la recherche scientifique, le Secrétariat d’Etat à la formation, à la recherche et à l’innovation et la fondation ESAG.

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(Traduction de l’allemand: Zélie Schaller)