Controverse sur les retombées économiques pour Vevey

Controverse sur les retombées économiques pour Vevey

Si certains observateurs estiment que la Fête des vignerons va stimuler l’économie de Vevey, d’autres se montrent plus critiques.

KEYSTONE/VALENTIN FLAURAUD

(sda-ats)

A événement exceptionnel, retombées financières exceptionnelles. Tel est l’espoir des milieux touristiques et économiques de Vevey pour la Fête des vignerons, même si certains commerçants et restaurateurs restent dubitatifs.

«C’est un événement hors norme qui aura un impact majeur sur la région», affirme Bernard Schmid, directeur de la promotion économique Riviera-Lavaux, interrogé par Keystone-ATS. Rappelant que le budget de la manifestation se monte déjà à 100 millions de francs, il dit s’attendre «à des retombées économiques encore largement supérieures, compte tenu des dépenses sur place des participants et visiteurs.»

Directeur de l’office du tourisme Montreux-Vevey, Christoph Sturny espère également des recettes «à la hauteur» d’une telle manifestation. «Il est difficile de faire une estimation. Mais sachant que Vevey devrait accueillir 800’000 visiteurs en trois semaines, les répercussions économiques s’annoncent énormes», estime-t-il à propos d’une Fête programmée du 18 juillet au 11 août.

A l’Hôtel des Trois Couronnes, un 5 étoiles situé au bord du lac, on table sur une hausse de 30% des nuitées durant les trois semaines de festivités, explique Jay Gauer, le directeur de l’établissement. «La fréquentation durant la Fête des vignerons sera difficilement égalable», remarque-t-il.

Des doutes

Cet enthousiasme n’est toutefois pas partagé par tous à Vevey. Et notamment chez les commerçants de la ville, eux qui ont souffert durant les huit mois de construction des arènes. «Nous nous réjouissons de la Fête, mais va-t-elle permettre de compenser les pertes subies? Pour l’instant, nous sommes perplexes», confie Astrid Meyer, la présidente de l’Association des commerçants de la ville.

Selon elle, le gigantisme de la Fête pourrait encore prétériter les commerces locaux. «Nous avons mis en place plusieurs actions, notamment des parcours découvertes. Mais avec les foules attendues, nous nous demandons si les gens vont vraiment venir flâner dans les rues. Et d’autant plus que Vevey a beaucoup de commerces de niche. Est-ce que le touriste qui vient assister à la Fête s’arrêtera dans ces magasins?», s’interroge-t-elle.

L’inquiétude est aussi de mise chez certains restaurateurs, qui craignent que les participants et visiteurs ne délaissent leurs établissements pour les buvettes éphémères de la Fête. «Lors de la précédente édition en 1999, la manifestation était davantage tournée vers l’économie locale. Tout le monde avait pu participer, et tout le monde avait trouvé son compte. Aujourd’hui, la Fête est devenue tellement énorme qu’il est difficile de garder le lien avec le local», estime Astrid Meyer.

Offre combinée

Le directeur de la promotion économique balaie ce reproche. «De nombreuses entreprises de la région sont impliquées pour cette édition 2019, souvent avec des mandats importants», souligne Bernard Schmid.

«Nous comprenons la situation des commerçants et espérons qu’ils puissent largement compenser leurs pertes», ajoute-t-il. Et de citer une étude réalisée en 1999, qui a montré que les acteurs et figurants de la Fête avaient dépensé, à eux seuls, 4 millions de francs en ville de Vevey.

En matière touristique également, la Fête doit profiter à toute une région. «Nous cherchons à combiner la manifestation avec d’autres visites comme le musée Chaplin ou le château de Chillon. Nous mettons aussi en avant les activités liées à l’oenotourisme», explique Christoph Sturny.

Echo médiatique

Si l’ancrage local fait débat, tous s’accordent à dire que la Fête des vignerons permet à Vevey de rayonner au-delà des frontières. Différents articles lui ont été récemment consacrés dans des publications aussi prestigieuses que le New York Times, le Guardian, le Lonely Planet ou le National Geographic. «Pour la notoriété de la ville, c’est fantastique», se réjouit Jay Gauer.

De son côté, Christoph Sturny y voit «un beau cadeau, mais aussi un retour sur investissement», sachant que l’office du tourisme a beaucoup oeuvré pour faire connaître la Fête à l’international. Il ajoute que la manifestation doit également servir «d’accroche» pour renforcer l’attrait de la ville dans les années à venir.