Comment la Suisse aide les plus vulnérables en Grèce

Comment la Suisse aide les plus vulnérables en Grèce

Une chambre dans la maison des filles du projet Zeuxis.

(© Christian Stemper)

L’assistance aux migrants est fortement négligée en Grèce. La situation est particulièrement difficile pour les mineurs non-accompagnés. Une organisation humanitaire grecque qui veut inverser cette tendance reçoit le soutien de la Suisse.

Non, je n’aime pas la salade grecque. Ce fromage feta ne me plaît vraiment pas, se lamente Marie*, 12 ans, dans un grec rapide et approximatif. Elle ajoute d’un air obstiné: «Je préférerais avoir plus de souvlaki!»

C’est typiquement le genre de plaintes que Panagiotis Nikas aime entendre: «Car elles reflètent la normalité». Il est le fondateur et le directeur de l’organisation non-gouvernementale Zeuxis. Dans cette maison pour jeunes filles, il gère l’un des deux projets de l’ONG. Marie le suit partout. Elle vient du Cameroun et est la plus jeune habitante de la maison, qui se trouve dans une petite rue discrète d’Athènes. L’anonymat de ce lieu est important, car ceux qui y vivent ne veulent généralement pas être retrouvés.

Comment la Suisse aide les plus vulnérables en Grèce

Une des jeunes filles prises en charge dans le cadre du projet Zeuxis.

(© Christian Stemper)

Il est aussi question de guérir les blessures psychologiques, car même les enfants et les jeunes qui se trouvent en Grèce avec leurs parents ont souvent besoin d’aide. Il y a d’abord la probabilité statistique de développer naturellement une maladie mentale, à quoi s’ajoutent des événements traumatisants: la guerre dans le pays d’origine, la pénible et dangereuse fuite ainsi que la vie précaire d’un réfugié en Grèce.

Le deuxième projet de Zeuxis, un centre de jour, s’adresse à ces jeunes. Il est également soutenu par la Suisse, avec un financement de 472’486 euros en 2018. Des psychologues, des psychiatres, des travailleurs sociaux et des enseignants sont disponibles tous les jours sur place. Deux douzaines de jeunes répartis en deux classes étaient présents lors de notre visite. Certains révisent leur grec, l’autre leur anglais. Dans la salle d’attente patientent des parents, qui ont souvent eux-mêmes besoin de soutien. «Nous essayons aussi de les aider autant que nous le pouvons. Parfois, un entretien suffit à atténuer un peu la pression qui pèse sur leurs épaules», raconte Panagiotis Nikas. Il estime qu’environ 700 visiteurs ont été enregistrés dans le centre de jour depuis son ouverture l’automne dernier.

Des projets exemplaires

Le directeur de Zeuxis ne sait pas ce que l’avenir réserve à ces deux projets. Il aimerait pouvoir utiliser l’infrastructure disponible dans la maison des filles pour créer dix places supplémentaires. «La demande ne manque pas». Reste à voir si cette extension peut se concrétiser. L’appui de la Suisse est assuré jusqu’à fin juin. D’ici là, Zeuxis doit trouver une nouvelle source de financement — une tâche actuellement compliquée en Grèce, même pour un projet jugé exemplaire.

«Zeuxis signifie connexion, union. Nous voulons ériger un pont entre les enfants et la normalité», soutient Panagiotis Nikas. Cela vaut également pour l’éducation. En référence au problème de feta soulevé au début de cet article et à la demande de Marie d’avoir davantage de souvlaki, il précise que l’organisation attache normalement de l’importance à une alimentation équilibrée. «Mais je pense que nous pouvons faire une exception aujourd’hui».

*Nom d’emprunt

Comment la Suisse aide les plus vulnérables en Grèce

(Keystone / Yannis Kolesidis)

D’autres projets

La Direction du développement et de la coopération (DDCLien externe) soutient également des projets en Grèce à hauteur d’environ un million de francs. Par exemple le «Petit Lexique», contenant les connaissances linguistiques de base pour les migrants et les réfugiés. Cet outil devrait leur permettre de communiquer avec les autorités ou les médecins lorsqu’aucun traducteur n’est disponible. 

Ce projet a été initié par l’ambassade de Suisse à Athènes, l’UNHCRLien externe et des organisations locales. 50’000 exemplaires ont été distribués en Grèce, essentiellement dans les camps de réfugiés mais également dans les hôpitaux et auprès des autorités. Le lexique est disponible en 7 langues et également sous forme d’application.

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Traduction de l’allemand: Marie Vuilleumier,