Améliorer l’information sexuelle

L’école, les parents et les médias doivent être plus attentifs à l’éducation sexuelle des jeunes. La commission fédérale pour l’enfance et la jeunesse estime que les cours dans ce domaine doivent être obligatoires pour tous les enfants.

«En 30 ans, l’évolution a été très forte sur les questions de sexualité», a commenté le président de la commission, Pierre Maudet, vendredi devant les médias lors de la publication du rapport sur la sexualité des jeunes au fil du temps.Le premier constat est rassurant: même si les médias parlent souvent de la sexualité des jeunes de manière négative, en mettant en avant le phénomène des «tournantes» par exemple, «ça va plutôt bien», a déclaré Pierre Maudet. «De manière générale, les jeunes vivent bien leur sexualité». Les jeunes ne sont pas vraiment plus expérimentés aujourd’hui qu’il y a 20 ans, a relevé Nancy Bodmer, responsable du groupe de travail sur la sexualité des jeunes auprès de la CFEJ. La plupart ne sont pas sexuellement actifs avant 17 ans. Par ailleurs, 85% des jeunes interrogés ont utilisé un contraceptif lors de leur première expérience sexuelle.Néanmoins, la situation pourrait être améliorée. Car la Suisse n’a toujours pas de directives uniformes et à caractère obligatoire en matière d’éducation sexuelle. «Les différences entre régions linguistiques et cantons, ainsi qu’au sein d’une même région d’un établissement à l’autre, voire d’un enseignant à l’autre, montrent que l’éducation sexuelle est peu considérée et que les réticences sont tenaces», selon la commission.Pour corriger le tir, il conviendrait d’inscrire dans les plans d’études et la législation des modules d’enseignement, valables de l’école enfantine jusqu’à la fin de la scolarité obligatoire. Les parents devraient être obligés d’assister à des soirées sur le sujet, complétées le cas échéant par des cours facultatifs. La sexualité des jeunes devrait aussi être incluse dans les conventions et les cours d’intégration pour étrangers.La CFEJ relève par ailleurs que l’utilisation des nouveaux médias par ce que l’on appelle abusivement la «génération porno» n’a pas que de mauvais côtés: Internet peut en effet être vu comme une chance de s’informer sur le sujet. Les parents et l’école doivent ici aussi davantage encadrer les jeunes.Les médias ne sont pas oubliés: ceux qui publient des articles à scandale sur la sexualité des jeunes devraient faire des comptes rendus plus nuancés. swissinfo.ch et les agences